Archives : Histoire du passage à l’an 2000

Le passage à l’an 2000 est la plus grande opération de prévention contre un risque informatique, et ce partout dans le monde. En France, Les travaux ont duré 7 ans, mobilisé plus de 50 000 personnes et environ 8 milliards d’Euros.

Cette préparation a surtout été une formidable opération de mobilisation et une course contre la montre. Elle permet d’avoir une bonne idée de ce qu’est un bon niveau de préparation, de mobilisation, d’implication des différentes parties.

Elle permet également d’avoir une bonne vision de ce que devrait être un bon niveau de préparation générale contre une Crue Majeure sur Paris par exemple.

Elle a permis de déboucher sur des avancées majeure en terme de modernisation des systèmes d’information, d’usage de l’internet, de mise en place des outils d’updating (création de windows update…) et de méthodologie de préparation à un risque systémique majeur.

Contexte

La France, les entreprises, les administrations ont été confrontées, comme l’ensemble des autres pays, au problème du passage à l’an 2000, plus connu sous le nom « bug de l’an 2000 ». Pour des raisons historiques  (la suite).

1992

C’est en Octobre 1992 qu’a commencé l’histoire de l’an 2000 en France. Vincent Balouet, alors consultant en risques informatiques, pratique régulièrement des analyses de risque pour ses clients. L’analyse de risque consiste  (la suite)

1993

Le scénario « an 2000 » est inclus dans les études pour le compte d’autres clients, sans grand succès. Il apparaît au fur et à mesure que le phénomène an 2000 présente des caractéristiques très particulières  (suite)

1994

Les audits de risque se multiplient dans les entreprises françaises mais également à l’étranger, en particulier en Belgique, au Luxembourg et en Suisse. L’analyse de la situation montre  (suite)

1995

1995 marque un tournant dans la préparation, car il reste désormais moins de cinq ans, c’est-à-dire que le problème vient de rentrer dans le champ de vision des décideurs, dans l’univers du possible et du court terme. Les entreprises nomment des responsables (suite)

1996

La presse commence à s’intéresser de près au sujet car il représente un intérêt médiatique certain. C’est le début d’un feuilleton qui s’annonce passionnant, international, millénariste, dangereux, on y trouve quelques passionnés (suite)

1997

1997 est l’année de la mobilisation générale au-delà des grandes entreprises. L’année démarre comme prévu sur le conflit juridique avec les fournisseurs qui lancent un contre feu. Plusieurs séances d’explication auront lieu à huis clos entre le Cigref et le Syntec. Finalement, le Syntec reconnaît l’avance du Cigref. (suite)

1998

1998 marque l’essor de la mobilisation générale. Les pays les plus avancés servent de locomotive aux autres. Un petit réseau d’experts se met en place de manière informelle. Vincent Balouet en est le maillon français. Dans les entreprises, les directions générales ont enfin pris le contrôle des opérations.  (suite)

1999

C’est la dernière ligne droite. La presse est très acide à l’égard de la mission Théry qui a déçu. Le gouvernement crée enfin le dispositif attendu, le comité national du passage à l’an 2000. La première réunion est organisée 11 mois avant l’échéance, 120 millions de francs sont débloqués. Le secteur bancaire encadre (suite)

2000

Bercy, 12h00. La nouvelle Zélande passe sans encombre, le réseau de téléphonie mobile est logiquement saturé pendant 2 heures… 13h00, la Nouvelle Calédonie passe, le réseau des distributeurs de billets tombe… il s’agira d’une fausse alerte. Plus tard le Japon arrête une centrale nucléaire, l’impression que tout va bien (suite)

Les leçons de l’an 2000

Le passage à l’an 2000 n’a pas été debriefé au plan national, les autorités ont préféré tourner rapidement la page et se tourner vers l’Euro.

Au plan technique, la percée la plus notable est sans doute l’apparition des technologies d’updating qui font que cet événement ne pourra plus se reproduire (correction quasi « à la main » du parc mondial).  Selon les pays, l’image du « bug » et de ce (ceux ) qui l’en reste variable… En France le sujet est tombé dans l’oubli. Prochain rendez vous le 28 février 2100.

Au plan méthodologique, les cyber-attaques en cours et la spectaculaire augmentation des impacts doit nous interpeller sur la façon dont nous devons traiter ensemble une crise vraiment majeure. Nous avons réussi le passage à l’an 2000, saurons-nous traiter une attaque systémique majeure ?